Politique

Ouattara en colère et nouvelles révélations : Bédié , Duncan et quel sort pour Mabri et Achi dans le prochain gouvernement

Par Yaya Kanté24 décembre 2015

La divulgation des échanges du mercredi 23 décembre 2015 entre le président ivoirien et des ministres et de l’annonce par Alassane Ouattara d’un remaniement , est une information Afrikipresse.fr , qui est en mesure de préciser que “l’incident” en question n’a pas du tout eu lieu en plein Conseil des ministres.

 

Le clash s’est passé loin des regards de l’ensemble des ministres au cours d’une séance de travail sur la question entre le chef de l’État ivoirien et les personnes citées. C’est à juste titre qu’interrogés , des membres du gouvernement présents au Conseil des ministres ont répondu n’avoir rien vu, et n’être pas au courant de cette scène, le temps pour eux d’aller aux nouvelles, auprès de leur collègue. Une source proche du dossier a indiqué que depuis plusieurs jours déjà avant cette réunion du mercredi dernier , le président Ouattara avait demandé aux ministres concernés , des explications sur la gestion technique du dossier commission rogatoire.

Le Garde des Sceaux disait n’avoir pas reçu pour examen et traitement diligent la requête de la justice française , tandis que le Ministre des Affaires étrangères soutenait avec insistance avoir transmis, le dossier. L’intervention du Ministre-Directeur de cabinet, en charge des questions diplomatiques a été décisive.

Toutefois, malgré cette transmission par voie administrative, la même source a estimé que le président ivoirien souhaitait que Charles Diby Koffi, en sa qualité de titulaire d’un ministère se souveraineté, lui parle directement et l’informe personnellement de la situation. Sauvé du gong, le garde des Sceaux relatant la scène à des collègues a alors confié : « On vient de passer un mauvais quart d’heure. On a eu chaud, ah oui on vient d’échapper à un limogeage en direct. Le chef n’était pas du tout content». Nonobstant la présence des ministres Moussa Dosso et Affoussiata Bamba Lamine dans le gouvernement , des sachants indiquent que Mamadou Gnénéma Coulibaly est le dernier représentant des Forces nouvelles et le seul proche de Guillaume Soro dans le gouvernement ( après les départs de Sidiki Konaté et d’Alain Lobognon ).

Une lecture pourtant démentie par notre source citée plus haut qui croit savoir que le Garde des Sceaux voit de moins en moins Guillaume Soro et qu’il se serait davantage rapproché de l’homme fort du moment Amadou Gon Coulibaly et également d’Ibrahim Ouattara, au détriment de son premier mentor.

Au sujet du remaniement des interrogations se font jour sur le sort du chef du gouvernement , Daniel Kablan Duncan.

Son maintien serait souhaité par le chef de l’État ivoirien qui veut éviter de faire “dysfonctionner” les grands dossiers et de retarder les nombreux chantiers déjà engagés par le gouvernement.

La perspective d’un référendum, et la désignation à venir d’un vice-président, pouvant faire disparaître le poste de Premier ministre, Alassane Ouattara pourrait ne pas souhaiter nommer un nouveau cadre à ce poste, pour une durée ne permettant pas de prendre ses marques.

Cependant des observateurs estiment que l’inévitable maintien de Daniel Kablan Duncan renforcera le sentiment d’immobilisme dont souffre le gouvernement , malgré les importants aménagements qui pourraient se faire.

Par ailleurs Alassane Ouattara , a laissé entendre qu’à une ou deux exceptions près, les ministres totalisant dix ans de présence au gouvernement, ne seront pas dans la prochaine formation ministérielle. Selon cette règle, celui dont le départ reste indiscutable est Patrick Achi qui avec 15 ans de présence au gouvernement, fait office de doyen.

La règle s’appliquera-t-elle à Mabri Toikeuse, ou bien celui-ci bénéficiera-t-il d’une dérogation au même titre qu’un fidèle et très proche du président ivoirien ?

Au Pdci, à part Paul Koffi Koffi et Gouddou Raymonde et le dernier nommé François Albert Amichia, les autres ministres estampillés Pdci sont frappés par la “limite d’âge” ( Diby, Achi Patrick, Allah Kouadio, Adjoumani ).

Les “victimes”, apprend-on, ne devraient pas beaucoup bénéficier du soutien du Président Bédié, qui souhaite lui-même promouvoir des visages différents, mais pas vraiment nouveaux , avec Abinan Pascal, Akossi Bendjo , Niamien N’Goran et quelques autres qui frappent aux portes. On attend les jeunes et les femmes, tant au Pdci-Rda, qu’au Rdr. Le chef de l’État ivoirien ne voulait pas de remaniement dans la foulée immédiate de sa réélection.

Toutefois il avait, avant même les échanges du dernier conseil des ministres, confié à des proches qu’il envisageait une nouvelle formation ministérielle après les fêtes de fin d’année , et notamment avant le référendum et les élections législatives qui étaient le timing souhaité et envisagé par plusieurs observateurs et collaborateurs.

Au départ favorable lui-même à cette échéance , Alassane Ouattara a finalement trouvé que passer encore douze moins sans remanier, ni donner au gouvernement un coup de jeunesse et plus de places aux femmes tel que promis par lui durant la campagne électorale , était une stratégie lourde à supporter auprès des ivoiriens, au niveau de la dynamique d’ensemble et des exigences de renforcement de l’efficacité de l’action gouvernementale.

La colère présidentielle autour du dossier commission rogatoire, n’est donc pas la seule cause d’une option qui avait déjà prise avec même l’annonce d’une date d’exécution par des sources concordantes : 15 janvier, soit 48 heures après un conseil des ministres attendu le mercredi 13 janvier 2016.

Un échange décisif sur la question et sur les débats autour de l’alliance entre Houphouëtistes devrait avoir lieu entre les présidents Ouattara et Bédié , pour s’accorder sur les grandes lignes, avant que le chef de l’État pose le vrai premier acte majeur de son second mandat , en attendant la IIIème république.

 

Charles Kouassi et Alice Ouédraogo

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