Un conseil de gouvernement était prévu à Abidjan mardi 3 Novembre 2015 dans l’après-midi, suite à la cérémonie de prestation de serment du président de la République, Alassane Ouattara.
Sous l’autorité du Premier ministre Daniel Kablan Duncan qui avait à ce sujet eu une séance de travail avec le président élu la semaine dernière aussitôt après la proclamation des résultats provisoires par la Commission électorale indépendante , les membres du gouvernement ivoirien , après quatre semaines d’absence de réunion gouvernementale pour cause de campagne électorale, devaient préparer les dossiers de la reprise du mercredi 4 novembre 2015.
Aucune information sur le mode opératoire de la reprise des activités gouvernementales n’a été ébruitée , alors que des sachants assuraient que le premier ministre devrait en principe présenter de façon formelle sa démission , pour être aussitôt reconduit à son poste avec le même gouvernement, ou peut-être même avec un léger ajustement en attendant un plus grand mouvement après les législatives.
Selon d’autres sources aucun usage , ni obligation, ni jurisprudence en la matière n’existant ( c’est la première fois qu’un président ivoirien élu est réélu après la révision constitutionnelle ayant introduit le poste, la fonction et des pouvoirs du Premier ministre, chef de gouvernement ( ? ) – le président Bédié était un président en exercice non élu à l’époque avant d’être ensuite réélu), tout reste à l’appréciation du chef de l’État Alassane Ouattara qui peut ne pas sacrifier à la formule de la démission de pure forme du premier ministre et du gouvernement.
Après la crise postélectorale et la prestation de serment le 21 mai 2011 du président Ouattara , le premier ministre Guillaume Soro avait démissionné pour être aussitôt reconduit dans le cadre d’un gouvernement normal de mission.
Cette situation s’était imposée au chef de l’État ivoirien parce que le gouvernement mis en place à l’hôtel du Golf était un gouvernement restreint de crise , dans lequel une dizaine de ministres cumulaient toutes les attributions du gouvernement.
L’exigence de la mise en place d’une formation ministérielle plus complète avait conduit à la mise en place du gouvernement de juin 2011, qui a travaillé jusqu’à mai 2012. Puis a suivi la nomination du gouvernement du premier ministre Jeannot Ahoussou Kouadio remplacé six mois plus tard.
L’équipe conduite par Daniel Kablan Duncan est en place depuis trois ans. Elle est une équipe normale. Et à ce titre, elle pourrait ne pas vouloir entrer dans un cérémonial de pure forme, en démissionnant pour être aussitôt reconduite.
Le gouvernement Duncan revendique le bilan du président Alassane Ouattara qui ne manque pas de lui donner régulièrement satisfecit.
Avant même le début de la campagne, Alassane Ouattara avait confié à un visiteur qu’il ne changerait pas son équipe : « Je sais que des gens s’attendent à un grand mouvement, mais ce n’est pas mon style. Je garderai la même équipe pour un certain temps . Ensuite on verra au cas par cas».
Par la suite, le candidat unique du Rhdp, avait durant la campagne indiqué dans une interview ceci : « L’équipe gouvernementale va connaître un rajeunissement, et le nombre de femmes va augmenter, mais globalement ce sera la même équipe après les élections ».
Le tout est dans :
1- la durée de la période ainsi désignée “après les élections ” ;
2- l’ampleur et le niveau de rajeunissement alors que le départ du chef du gouvernement Daniel Kablan Duncan n’est pas à l’ordre du jour, avant la réforme constitutionnelle ;
3- le degré de l’augmentation du nombre de femmes.
À dire vrai les consultations pour dénicher les oiseaux rares et les profils irréprochables formant la nouvelle «dream team» , ou la nouvelle équipe équipe qui va toujours gagner, peuvent bien prendre du temps.
Wait and see !
Charles Kouassi