Politique

Ouattara le 6 août 2017 : « la lutte contre la détention illégale d’armes sera renforcée et la justice s’appliquera à tous »

Par Charles Kouassi9 octobre 2017

Convoqué plusieurs fois à la brigade de recherche de la gendarmerie d’Abidjan-Plateau dans le cadre d’une information judiciaire ouverte suite à la découverte en mai 2017, d’une cache d’armes lors de la mutinerie à Bouaké, Souleymane Kamaraté Koné, dit “Soul To Soul”, est écroué depuis lundi 9 octobre 2017, après sa quatrième audition, a annoncé le procureur Richard-Christophe Adou.

« M. Karamaté a été interpellé ce lundi. Une information judiciaire avec mandat de dépôt a été ouverte contre lui (…) pour complot contre l’autorité de l’Etat”, a précisé le Procureur devant la presse au palais de justice d’Abidjan. Comment sommes-nous arrivés à cette décision « courageuse » (ou jugée « périlleuse » pour le régime selon d’autres ), d’une justice longtemps qualifiée de justice des vainqueurs par l’opposition ivoirienne ?

Suite à la menace de déstabilisation du pays par des hommes en armes durant tout le premier semestre de cette année, le président Alassane Ouattara dans son adresse à la nationdu dimanche 6 août 2017, à l’occasion de la commémoration du 57ème anniversaire de la Côte d’Ivoire, avait invité les Ivoiriens, à la réflexion, à la culture de la paix et à la réconciliation nationale. 

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« La responsabilité implique des choix, des renoncements, mais aussi et surtout des décisions courageuses qui doivent garantir la paix sociale et le bien-être de nos concitoyens » avait annoncé le numéro un ivoirien avant d’avertir : « La lutte contre la détention illégale d’armes sera renforcée et la justice s’appliquera à tous ».

Avec l’arrestation du chef du protocole du président de l’Assemblée nationale ivoirienne Guillaume Soro, ancien chef de la rébellion, on est presque tenté d’affirmer que le chef de l’État ivoirien met ainsi en exécution sa volonté de voir le pays se débarrassé définitivement des armes illégalement détenues, sans tenir compte du risque de dégradation des relations entre lui et les alliés des ex-Forces Nouvelles.

Face à cette situation, Guillaume Soro a joué officiellement la carte de l’apaisement dès le début : « J’ai vigoureusement recommandé à mon collaborateur de se mettre à la disposition de l’enquêteur. Et je lui ai demandé de dire sur l’honneur et sa conscience ce qu’il sait pour aider les enquêteurs à conclure ce dossier ».

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À travers un communiqué de presse produit par son service de communication, le député RDR de Ferké, actuellement hors du pays, semble approuver la décision du président Alassane Ouattara, de mettre hors d’état de nuire tous ceux qui menacent la paix sociale :: « Le Président Soro apporte son soutien à la famille de son collaborateur et appelle les Ivoiriens au calme et à la sérénité, tout en espérant que la justice fera librement son travail ».

Cet appel au calme suffira-t-il pour convaincre ses partisans qui à 48 h de l’arrestation de leur camarade avaient dénoncé une arrestation programmée de Soul to Soul et  mis en garde ?  « L’Amicale des Forces Nouvelles se réserve le droit de prendre des initiatives et de donner des mots d’ordres en vue d’agir pour préserver les libertés des Ivoiriens acquises de haute lutte » , s’était indigné , ce week end,  Félicien Sékongo, porte-parole et secrétaire général de l’amicale des Forces Nouvelles.

Philippe Kouhon

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