C’est une vidéo d’à peine une minute postée dans la journée du 7 octobre 2025, devenue virale sur les réseaux sociaux. Une vidéo commentée par une dame, certainement la fille de la « fondatrice » dudit établissement dans laquelle on voit une école privée baptisée « Groupe scolaire Simone Gbagbo 2 » en pleine démolition par une pelleteuse-caterpillar. Et face à cette destruction, l’auteure du post n’a pas caché son indignation.
La scène qui provoque l’ire
« Ils sont en train de casser l’établissement. Ils sont vraiment en train de casser l’établissement. Maman a pleuré de toutes ses forces et elle s’est tue. Je ne sais pas ce que je vais dire. J’espère que cela ne va pas l’affecter parce qu’une veuve qui y a mis tout son argent. Tout son argent, je dis bien ! Tout son argent ! Elle a mis tout son argent pour assurer un avenir meilleur à ses enfants. La Mairie de Port-Bouët décide de venir casser une école en pleine rentrée scolaire. Tous ceux qui ont inscrit leurs enfants décident de venir retirer leur argent. Tu vas à la mairie on te dit de voir tel adjoint au maire. On te demande de voir tel adjoint. Ils ne sont jamais au pays. Tu essaies de voir le maire, il n’est pas là. Pourtant, lui-même il a dit de sa propre bouche qu’il n’allait jamais casser. Il est venu quand-même casser… », s’est-elle indignée. Les faits se sont déroulés au quartier Motard, à Gonzagueville, dans la commune de Port-Bouët.
Joint par téléphone au lendemain de la diffusion, Emmou Sylvestre, le maire de la commune de Port-Bouët n’a pas tardé à réagir à travers un communiqué, pour dit-il, « rétablir la vérité des faits face aux propos tendancieux qui accompagnent cette vidéo »
Le communiqué dont nous avons reçu copie mentionne que dans sa vision de développement de sa cité, le premier magistrat de la commune dès l’entame de sa prise de fonction en 2019, a promis aux populations la réalisation de projets structurants sur l’étendue du territoire communal. Ainsi, des réserves administratives foncières ont été identifiées pour accueillir ces infrastructures, notamment à Gonzagueville, dans le quartier Motard, où il a été décidé par le Conseil municipal, de la construction d’un District de Police avec un Commissariat, déjà réalisés et inaugurés, de la construction d’un stade municipal aux normes internationales, en cours de réalisation, la construction d’un orphelinat municipal, en phase de finition, la construction d’un marché de gros pour la vente de produits vivriers, la construction de deux groupes scolaires de quatre (4) écoles…
« Elle a été construite sans aucune autorisation administrative, ni du ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, ni même du Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation, encore moins de la Mairie de Port-Bouët », indiquent les autorités municipales
« D’où le bitumage de la voie Motard en 2023-2024 sur un linéaire de deux kilomètres pour désenclaver ledit quartier et faciliter l’accès à ces infrastructures. Dans le cadre de la construction du marché de gros, la Mairie de Port-Bouët a constaté l’occupation anarchique du site dédié par diverses installations, dont l’école indiquée dans la vidéo. Après plusieurs rencontres aussi bien avec les occupants du site qu’avec la fondatrice de cet établissement, chacun a été sommé par les services de la Mairie d’arrêter toute occupation illégale et de déguerpir cet espace du domaine public communal qui devrait incessamment recevoir la construction du marché de gros de Port-Bouët, et ce depuis les années 2020-2021. Et contrairement à la narration faite dans la vidéo, la fondatrice de l’école a été, à maintes reprises, reçue à cette fin par madame la première adjointe au maire chargée de l’Éducation. Faisant suite à cette mise en demeure, certains occupants ont libéré eux-mêmes le site, à l’exception de cette école qui, après vérifications, a été construite sans aucune autorisation administrative, ni du ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, ni même du Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation, encore moins de la Mairie de Port-Bouët. Vu la situation illégale de cet établissement, l’administration municipale a signifié à la fondatrice sa fermeture et son déguerpissement dès la fin de l’année scolaire 2024-2025 », relève le document.
Dans le même temps, poursuit le communiqué, une campagne d’information des parents d’élèves de cet établissement a été menée par la Mairie de Port-Bouët, via les Comités de gestion des quartiers environnants pour porter à leur connaissance le démarrage imminent du projet et les inviter à inscrire leurs enfants dans les établissements scolaires autres que celui appelé à fermer à compter de l’année scolaire 2025 2026. Contre toute attente, la mairie de Port-Bouët dit avoir constaté que la propriétaire de cet établissement a ignoré la mise en demeure de déguerpissement et toutes les démarches liées à sa fermeture.
« Cette école n’avait d’ailleurs ni la permission d’ouvrir cette année, ni de recevoir des inscriptions au titre de l’année 2025-2026 sur instruction du Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation. C’est ainsi que pour permettre à l’opérateur du marché de gros de tenir son délai contractuel, la destruction de cette école illégalement implantée a été opérée, conformément à la réglementation en vigueur. Ce sont donc des bâtiments non occupés qui ont fait l’objet de ce déguerpissement longtemps programmé. La construction du marché de gros est un projet communautaire à fort impact social, annoncé à plusieurs reprises à nos populations, et qui vise notamment l’autonomisation des femmes de la Commune », renchérit le communiqué.
Puis d’ajouter que l’exploitation des réserves administratives foncières est du ressort de l’État ou de la commune pour la réalisation des projets de développement. Toute utilisation à des fins privées doit faire l’objet d’autorisation administrative selon des procédures bien définies. A défaut, toute occupation par des particuliers est faite à titre provisoire.
« Par ailleurs, pour lutter contre la prolifération des écoles-boutiques dans cette zone en devenir, le Conseil municipal s’est donné les moyens, dès son premier mandat, de construire des infrastructures scolaires publiques, notamment deux Groupes Scolaires Municipalité 1 et 2 comprenant chacun deux écoles primaires de six classes et une maternelle, sans oublier le Groupe scolaire d’Angbou Kouamé Basile en phase de finition. La Mairie de Port-Bouët, profondément attachée au bien-être de ses administrés, réaffirme qu’elle n’a jamais agi, et n’agira jamais contre les intérêts des populations. Elle appelle l’ensemble des citoyens à la vigilance face aux manipulations et contre-vérités diffusées sur les réseaux sociaux, et réaffirme son engagement à poursuivre la mise en œuvre des projets structurants pour le développement harmonieux de la Commune au profit des populations », conclu ledit communiqué signé du service de communication de la mairie de Port-Bouët
Claude Dassé