Invité de l’émission « Droit dans les yeux » sur 7info ce mardi 10 juin 2025, Jean-Louis Billon, cadre du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), a affiché clairement ses ambitions pour la présidentielle d’octobre prochain. Candidat déclaré, il a livré des positions tranchées sur ses adversaires, les exclusions électorales et l’avenir politique du pays.
« Je serai candidat contre tous les autres »
Jean-Louis Billon a d’emblée affiché la couleur. À la question « Contre qui, avec qui et pour quelle Côte d’Ivoire ? », l’ancien ministre du Commerce n’a laissé place à aucune ambiguïté : « Je serai candidat contre tous les autres ». Une déclaration forte qui sonne comme un refus des calculs d’alliances traditionnelles et positionne Billon comme un homme seul face au reste du paysage politique, dans une démarche qu’il veut libre et indépendante.
Un plaidoyer pour une nouvelle génération politique
Pour Jean-Louis Billon, l’élection présidentielle de 2025 doit être celle d’un tournant générationnel. Il appelle à tourner la page des figures historiques de l’ère Houphouët-Boigny. « Les élections de 2025 doivent être celles d’une nouvelle génération », a-t-il affirmé avec insistance, défendant une refondation de la classe politique ivoirienne fondée sur le rajeunissement et l’innovation.
Exclusions électorales : entre regrets et réalisme
Interrogé sur les absences notables de Guillaume Soro et Charles Blé Goudé sur la liste électorale, le candidat du PDCI-RDA a exprimé ses regrets. Selon lui, dans une logique de réconciliation nationale, ces anciens leaders auraient pu bénéficier d’une certaine clémence de la part du pouvoir en place.
Mais Jean-Louis Billon a surtout réagi à l’éviction de Tidjane Thiam, président du PDCI-RDA, disqualifié par l’article 48 de la loi électorale. Une exclusion qu’il reconnaît comme étant légalement fondée : « Quand on veut être président de la République, on doit se conformer aux lois qu’on prétend être le garant », a-t-il tranché, non sans une pointe de regret.
Vers une réforme de l’article 48
Tout en respectant la légalité, Jean-Louis Billon n’a pas manqué de critiquer l’article 48, qu’il juge dépassé. « C’est un mauvais article, mais c’est la loi », a-t-il admis. Il a promis de l’abroger ou de le réformer s’il est élu à la magistrature suprême. Pour lui, ce texte, datant des années 1960, n’est plus adapté aux réalités actuelles, notamment dans un monde où la double nationalité est devenue monnaie courante. « Il n’a plus les mêmes valeurs ni la même interprétation aujourd’hui », a-t-il soutenu, estimant que la Côte d’Ivoire doit s’aligner sur les pratiques des grandes démocraties.
Philippe Kouhon