Présenté comme l’un des outsiders crédibles de la présidentielle d’octobre 2025, Vincent Toh Bi Irié n’ira pas plus loin. Son dossier a été recalé par le Conseil constitutionnel. En cause : un parrainage truffé de lacunes, d’irrégularités et d’insuffisances. Retour sur les failles d’un dossier qui n’a pas résisté à la rigueur du contrôle.
Des chiffres très en dessous du seuil requis
Le Code électoral impose à chaque candidat de réunir au moins 1 % de l’électorat local dans la moitié des 31 régions et districts autonomes d’Abidjan et de Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire. Sur ce terrain, Vincent Toh Bi n’a pas assuré.
Dans des zones stratégiques, les taux de parrainages validés étaient dérisoires : seulement 2,5 % à Abidjan, 5,1 % à Yamoussoukro, 4,4 % dans l’Agnéby-Tiassa et 0,1 % dans le Gbêkê . Pire encore, dans des régions entières comme la Bagoué ou le Hambol, aucun parrainage n’a été collecté. Autant dire que l’ex-candidat n’a jamais atteint la base légale exigée pour se maintenir dans la course.
Anomalies et parrainages invalidés
À l’insuffisance quantitative se sont ajoutées des anomalies qualitatives. Les vérifications biométriques ont mis en évidence de nombreux doublons, des parrains avec de faux numéros de pièces d’identité, des numéros d’électeurs erronés et des incohérences liées aux identités.
Or, la loi ne permet de remplacer que les doublons. Les autres erreurs — considérées comme graves — entraînent automatiquement des invalidations. Résultat : un nombre important de signatures a été annulé, creusant un déficit impossible à combler.
Une collecte désorganisée
Les rapports techniques révèlent aussi un défaut d’implantation nationale. Si certains candidats recalés ont au moins couvert un large spectre territorial, le dossier Toh Bi s’est distingué par une collecte fragmentée et déséquilibrée. Dans plusieurs régions, les chiffres étaient si bas qu’ils traduisaient une absence d’organisation et de relais locaux.
Cette faiblesse structurelle démontre que la dynamique de terrain, pourtant essentielle dans l’obtention du parrainage, n’a pas été suffisamment anticipée ni consolidée.
Le couperet du Conseil constitutionnel
Dans sa décision du 8 septembre 2025, le Conseil constitutionnel a rappelé que « toute candidature dont la composition du dossier n’est pas conforme est rejetée » . Pour Vincent Toh Bi, l’équation était simple : insuffisance de parrainages valides + anomalies massives = irrecevabilité.
Ainsi, celui qui voulait incarner une alternative citoyenne voit sa route barrée par un dispositif de parrainage désormais impitoyable.
Une leçon politique
Le cas de Vincent Toh Bi Irié envoie aux aspirants à la magistrature suprême le message que la présidentielle ne se gagne pas uniquement dans les médias ou sur les réseaux sociaux. Au contraire, elle commence par une collecte rigoureuse, nationale et crédible des parrainages.
Dans un système où la biométrie réduit drastiquement la marge d’erreur et où la régularité prime sur la quantité brute, seule une organisation solide et un maillage territorial efficace peuvent garantir le passage du filtre constitutionnel.
Charles Kouassi