Politique

Présidentielle 2025 : retour sur la liste électorale définitive et le top départ du parrainage citoyen

Par Yaya Kanté24 juin 2025

La CEI a rendu publique début juin la liste électorale définitive. Seuls les candidats y figurant pourront désormais engager la phase de collecte du parrainage citoyen. Une disposition qui exclut de fait des figures majeures de l’opposition telles que Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, Guillaume Soro ou encore Charles Blé Goudé. Mais rien n’est perdu pour leurs partis et pour le RHDP, qui peuvent encore désigner d’autres candidats. Le délai de trois mois, ouvert dès la publication de la liste, court jusqu’à fin août.

C’est une clarification qui tombe à point nommé, dans un climat politique chargé d’incertitudes. À l’approche du scrutin présidentiel prévu pour le 25 octobre 2025, la Commission électorale indépendante (CEI) a publié début juin la liste électorale définitive. Un document désormais déterminant pour la suite du processus électoral, notamment en ce qui concerne le parrainage citoyen, exigé pour tout prétendant à la magistrature suprême.

8,7 millions d’électeurs, mais tous les leaders ne sont pas dans la course

Le président de la CEI, Ibrahim Kuibert Coulibaly, a confirmé que seuls les électeurs inscrits sur cette liste définitive peuvent désormais faire acte de candidature et entamer la collecte du parrainage exigé. Une précision d’apparence administrative, mais aux conséquences politiques majeures.
En effet, plusieurs personnalités de premier plan ne figurent pas sur cette liste électorale, notamment Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, Guillaume Soro et Charles Blé Goudé. Leur exclusion du fichier électoral signifie leur forclusion pure et simple à ce stade du processus. Leurs noms ne peuvent donc pas être considérés pour le dépôt de candidature.

Trois mois pour désigner les bons candidats : le compte à rebours a commencé

La CEI a été claire : le délai de trois mois pour réunir les parrainages court à partir de la publication de la liste définitive. Autrement dit, les partis politiques disposent de ce laps de temps – jusqu’à fin août 2025 – pour désigner leurs candidats, à condition que ceux-ci soient bel et bien inscrits sur ladite liste.
Le RHDP, qui vient à peine de tenir son congrès et n’a pas encore désigné de candidat officiel, est donc toujours dans les délais. Tout comme les plateformes de l’opposition qui peuvent, malgré la forclusion de leurs leaders, s’aligner derrière de nouveaux profils éligibles.

Le parrainage, entre contrainte et opportunité

Au-delà des débats juridiques ou politiques, le parrainage citoyen constitue aujourd’hui un passage obligé pour tous les candidats légitimes. Il leur faut obtenir des signatures de au moins ( 1% du collège électoral dans 16 régions et un District autonome), une démarche qui nécessite une organisation sérieuse et un ancrage territorial réel.
Pour Ibrahim Kuibert Coulibaly, cette étape est loin d’être un obstacle : elle est plutôt une exigence démocratique, permettant de tester la représentativité et l’enracinement des candidats bien avant le scrutin.

Un appel à la responsabilité et à l’anticipation

Dans ses propos, le président de la CEI a lancé un message limpide à la classe politique : le processus est enclenché, les règles sont connues, et les délais sont désormais comptés. Ceux qui attendent trop longtemps pour désigner leur candidat risquent de se retrouver à l’étroit dans le temps. “Nous n’héritons pas la paix, nous la construisons”, a-t-il rappelé, en conclusion d’un exposé rigoureux et sans équivoque.

Tous les regards tournés vers fin août

Si plusieurs figures historiques de la vie politique ivoirienne sont désormais hors-jeu pour 2025, le match est loin d’être terminé. La fenêtre reste ouverte pour tous les partis qui savent s’adapter et agir vite. Le RHDP, comme les formations de l’opposition, a trois mois pour trancher, mobiliser et aller sur le terrain. Le top départ est donné.

Philippe Kouhon

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