Politique

Présidentielle 2025 : Wilfried Zahui, le pasteur qui veut réconcilier les Ivoiriens

Par Yaya Kanté31 août 2025

Candidat déclaré à l’élection présidentielle d’octobre 2025, le pasteur Wilfried Zahui place la réconciliation des Ivoiriens au cœur de son projet politique.

Le pasteur Wilfried Zahui est l’un des 60 candidats provisoires à l’élection présidentielle d’octobre en Côte d’Ivoire. Le samedi 30 août 2025 au siège de son église à Cocody, il a dévoilé les grandes lignes de son projet politique “Challenge 25-30”, lors d’une conférence de presse. Candidat indépendant, le pasteur Zahui se positionne comme un centriste, loin des clivages, qui veut ramener l’harmonie entre les Ivoiriens avec un programme en 14 points ancré sur la réconciliation nationale, la santé et l’éducation.

La réconciliation nationale au cœur du projet “Challenge 25-30”

Pour Wilfried Zahui, la réconciliation entre tous les Ivoiriens est un préalable à toute avancée. « Que toutes les parties qui se sont senties lésées ou qui ont été victimes de certaines réalités liées aux différentes crises, se mettent ensemble, se parlent franchement et décident ensemble de tourner la page du passé. », a-t-il déclaré, critiquant l’absence de dialogue franc jusqu’à présent.

L’homme d’église décrit sa candidature comme un prolongement de son engagement spirituel. Il affirme que sa foi favorise la cohésion plutôt que les divisions. « Parce qu’au travers de cette candidature-là, je souhaite pouvoir ramener l’harmonie sans laquelle il est impossible de pouvoir vaquer ni à nos occupations cultuelles, ni à nos occupations professionnelles. Il faut être spirituel pour penser paix, pour penser renforcement de cohésion, parce que loin de la spiritualité, nous pensons simplement qu’à nos intérêts personnels », a-t-il expliqué.

Des propositions concrètes en santé et éducation

Sur le volet santé, s’il reconnaît des avancées avec la construction de plusieurs infrastructures et l’instauration de la Couverture maladie universelle (Cmu), le pasteur veut davantage rapprocher les soins des populations notamment rurales. Il propose de développer un “hôpital de proximité”. « C’est la capacité de pouvoir former dans les différentes régions, villages, un ou deux habitants qui pourront faire bénéficier aux populations des soins de première nécessité. », a-t-il détaillé, insistant sur la nécessité d’un système sanitaire porté par des Ivoiriens.

En éducation, Wilfried Zahui plaide pour un système bilingue dès le primaire, avec l’introduction de l’anglais au CE1, en complément du français pour rendre la jeunesse compétitive sur la scène internationale. Le mandarin, dans cette vision, deviendrait une langue enseignée en classe de 6ème en vue de faciliter les échanges avec la Chine, un partenaire commercial croissant.

Un service militaire pour lutter contre la criminalité

Face aux défis sécuritaires, le candidat met en lumière les liens entre insécurité, chômage et conséquences des crises passées. « L’oisiveté est la mère des vices », a-t-il rappelé, appelant à une meilleure insertion des jeunes démobilisés et à une lutte contre la prolifération des armes légères.

Le pasteur Zahui propose également l’instauration du service militaire pour inculquer une éducation à la discipline et au civisme, facteur de réduction de la criminalité. « Quand on a un service militaire, cela réduit fortement le taux de criminalité », a-t-il affirmé. Il prône aussi une responsabilité collective pour la sécurisation du pays.

Dans un contexte de tensions régionales, il prône le respect mutuel entre la CEDEAO et l’AES. Il soutient que la Côte d’Ivoire doit compter sur ses propres ressources et sa propre armée, tout en entretenant des partenariats équilibrés et respectueux de sa souveraineté. « La Côte d’Ivoire a les ressources humaines pour se protéger. Quand on veut être une nation souveraine, on doit être capable de compter sur ses propres forces. », a-t-il dit.

Légitimité à briguer la fonction de président de la République

Âgé de 36 ans, Le pasteur Zahui affirme avoir recueilli 68 102 parrainages, dépassant ainsi le seuil requis de 61 000. Son dossier, selon lui, est complet et conforme aux exigences de la Commission électorale indépendante (CEI) : « Nous avons été les seuls parmi les indépendants à avoir affronté la ville d’Abidjan, la région du Gbêkê et ainsi que la région du Poro. »

Il insiste d’emblée sur le caractère non improvisé de sa candidature, malgré son profil de religieux. « Je ne suis pas venu ici par révélation. Je suis pas de cette vague de pasteurs qui diraient, Dieu m’a dit, tu seras président. Moi, Dieu m’a pas dit. Je suis un citoyen qui se lève pour apporter sa pierre à l’édifice. », précise-t-il.

Le candidat “centriste” ne voit pas l’élection présidentielle comme une fin en soi. Il invite les Ivoiriens à juger ses idées plutôt que sa personne : « Le plus important pour moi, ce n’est pas d’abord d’être chef d’État. Le plus important pour moi, c’est de présenter ma vision et d’avoir des Ivoiriens qui croient en cette vision-là. La plus grande victoire serait que les Ivoiriens se réconcilient. »

Yaya K

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