La décision numéro 19 en date du 11 septembre de la haute autorité de la communication –HAC-, portant réglementation à titre exceptionnel de la publicité pendant la période de campagne électorale dans le cadre de la présidentielle du 11 octobre 2015, est très mal accueillie au sein de l’opposition guinéenne.
Dans cette décision de 14 articles, l’institution de régulation des médias en Guinée, interdisait aux médias public et privé à l’office guinéen de publicité –OGP- aux opérateurs téléphoniques de communiquer les résultats, avant la CENI.
« Après la fermeture du dernier bureau de vote et jusqu’à la proclamation des résultats provisoires, par la CENI, aucun organe de presse ni l’OGP, n’est autorisé à communiquer un résultat quelconque à travers un quelconque support », arrête l’article onze de cette décision.
Ce n’est pas tout, l’article 12 de cette même décision stipule: « Au cours de la campagne électorale et jusqu’à la proclamation des résultats par la cour constitutionnelle, il est formellement interdit à tout opérateur de réseau téléphonique de diffuser, de relayer ou de communiquer des informations de toute nature relatives à la campagne électorale ».
Il n’en fallait pas assez, pour provoquer l’ire des leaders politiques de l’opposition. Certains candidats en lice pour le scrutin du 11 octobre ont immédiatement dénoncé une tentative de restriction de la liberté de la presse.
Cellou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition est le premier à s’insurger contre la décision de la HAC. « Nous contesterons la décision de la HAC. Pour la transparence du scrutin, nous avons besoin de ces résultats affichés et publiés par les radios. Chaque parti politique-candidat doit avoir également la copie des PV. C’est la loi, qui le dit. Mais on a l’impression que dans le cadre du hold-up électoral, ils veulent mettre à l’écart les représentants des candidas dans toutes les phases critiques du dépouillement, du transfert et de la centralisation des résultats du vote. Et nous ne l’accepterons pas », a-t-il martelé.
En colère, le candidat du Bloc Libéral (BL), Lansana Faya Millimouno, décide lui, d’attaquer la décision de la HAC à la cour constitutionnelle, concernant, dit-il, l’interdiction de l’utilisation de SMS le jour du scrutin relatif aux résultats. «…C’est un assaut sur la liberté d’expression et la violation grave du Code électoral », s’est-il insurgé.
A son article 82, souligne M. Millimouno, le Code électoral prévoit qu’à la fin du vote, que le dépouillement et le comptage des voix se fassent. Un procès verbal est rempli et signé par le président du bureau de vote, les assesseurs et les représentants des partis politiques.
«La Loi prévoit immédiatement d’afficher les résultats sur les lieux publics où le vote a eu lieu, donc ça devient une information publique », dit-il. « L’interdiction des sms par la HAC n’est qu’une façon de manipuler les résultats qui seront issus de ces élections », a déclaré le candidat.
Aliou BM Diallo, à Conakry