Le montant du budget de la campagne du candidat RHDP pour l’élection présidentielle du 25 octobre 2015 est de 10 (dix) milliards de FCFA, soit environ 15 millions d’euros.
La procédure à suivre pour le décaissement consiste, pour chaque sous-directeur de campagne ou chaque responsable opérationnel de campagne, à établir son budget et ses besoins, puis à les soumettre pour validation à la Direction centrale de campagne ou, pour certains, directement à la Direction centrale chargée des finances.
Selon les informations disponibles, ce budget de 10 milliards de FCFA ne comprend pas les frais dépensés pour la confection et la réalisation des gadgets, des supports de communication (affiches, spots télé, t-shirts, etc.), c’est-à-dire l’ensemble des actions de marketing et de communication politiques.
Un tel montant a été obtenu de haute lutte par les équipes de campagne, parce que le candidat ADO souhaitait une campagne électorale moins onéreuse, de sorte à économiser les ressources pour d’autres activités et actions de développement au profit des militants RHDP en particulier et des populations ivoiriennes en général.
Par ailleurs, l’estimation du budget de la campagne 2015 du candidat ADO ne prend pas en compte les ressources et moyens personnels de logistique (véhicules, carburant, locaux, nourriture, etc.) que pourraient mettre directement dans la campagne plusieurs cadres et barons du RHDP.
Pendant ce temps, parmi les revendications de l’opposition ivoirienne figure la question du financement des candidats à la présidentielle.
Les candidats de l’opposition souhaitent que l’État contribue au financement de leur campagne contre le président sortant. Cette préoccupation faisait même partie des revendications de la marche du lundi 28 septembre 2015.
Conformément aux dispositions de la loi, le gouvernement ivoirien avait mis à la disposition de l’ensemble des partis de l’opposition ivoirienne la somme d’un milliard de francs CFA, avec près de 400 (quatre cents) millions de FCFA pour le seul FPI, parti de Laurent Gbagbo, représenté par Pascal Affi N’Guessan.
Des sources proches de l’équipe de campagne du candidat Alassane Ouattara répondent que, même si le RDR et le PDCI (tout comme le FPI et d’autres partis) avaient droit au financement public sous la présidence de Laurent Gbagbo, à aucun moment l’État de Côte d’Ivoire n’a directement participé au financement de la campagne des candidats, qui y sont allés chacun avec leurs propres moyens de bord.
Ces mêmes sources rappellent qu’outre l’absence d’une aide matérielle et financière directe de l’État, Laurent Gbagbo s’était même employé à empêcher les candidats de recevoir des appuis et contributions de l’étranger, en dénonçant non seulement les candidats de l’étranger, mais aussi en exerçant des tracasseries contre le candidat Ouattara, par exemple au retour de son voyage de Dakar entre les deux tours de l’élection.
À quelques jours du scrutin, la grosse inquiétude des observateurs, d’une part, et des équipes du candidat sortant, d’autre part, réside dans le taux de participation.
Les équipes du candidat Ouattara redoutent l’effet combiné des désaffections des militants, d’une part, et, d’autre part, de l’excès de confiance de certains.
Même si cela ne peut pas empêcher la victoire au premier tour du président ivoirien sortant, les équipes de mobilisation craignent qu’un faible taux de participation donne lieu à une guerre d’interprétation dont l’économie est souhaitable à leurs yeux.
Aline Ouédraogo et Afrikipresse.fr