Dans cet entretien, le Dr Christiane LOBA partage son expérience sur la formation initiée par la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) visant à renforcer les compétences des médecins du travail pour mieux prévenir les risques dans le secteur du BTP.
La Direction de la prévention et de la promotion de la santé et de la sécurité au travail (DPPSST) de la CNPS a organisé une formation intensive de 72 heures dédiée aux risques professionnels dans le BTP. Intitulée « Prévention des risques professionnels et surveillance médicale des travailleurs dans le BTP », cette session s’est tenue du 13 au 15 mai 2025 à Grand-Bassam, réunissant 35 professionnels de santé (médecins du travail et infirmiers) issus d’entreprises privées. Parmi les participants, Dr Christiane LOBA, médecin du travail, a partagé son expertise sur les dangers spécifiques du secteur et souligné l’impact de telles formations pour renforcer la prévention et protéger durablement les travailleurs.
Bonjour docteur Christiane LOBA. Comment devient-on médecin du travail ?
Bonjour. La médecine du travail est une branche de la médecine qui s’occupe du bien-être physique et mental des travailleurs. On est d’abord médecin, titulaire d’un doctorat. Ensuite, j’ai effectué ma spécialisation, soit 4 à 5 ans d’études supplémentaires à la faculté de médecine, pour devenir médecin du travail. C’est une spécialité à part entière.
Pourquoi avez-vous assisté à cette formation ?
Cette formation était dédiée aux professionnels de santé, et plus précisément à ceux qui exercent dans le domaine de la médecine du travail.
En tant que professionnelle, qu’avez-vous constaté concernant les travailleurs du BTP ?
Les travailleurs du BTP sont parmi les plus exposés aux risques professionnels sur les chantiers. Comme vous le savez, le BTP englobe tout ce qui concerne la construction de maisons, les aménagements et même les infrastructures (ponts, etc.). C’est un travail particulièrement pénible, avec de nombreux corps de métiers impliqués. Ces professionnels sont exposés à plusieurs types de risques, notamment les risques physiques et chimiques.
Quand on parle de risques physiques, il s’agit par exemple de la chaleur, du froid, des températures extrêmes, du bruit… La liste est longue. Pour les risques chimiques, on peut citer la poussière de ciment lors du mélange. Il y a aussi des risques infectieux, ainsi que des risques ergonomiques, car les travailleurs adoptent souvent des postures contraignantes, comme se pencher fréquemment. Les risques dans le BTP sont multiples.
Qu’est-ce que cette formation vous apporte de plus dans la prévention et la prise en charge des maladies professionnelles ?
Il faut préciser que je suis déjà médecin du travail. Cependant, cette formation était particulièrement intéressante car elle était axée sur la pratique et permettait une mise à niveau des connaissances. La CNPS, à travers sa politique de formation, offre aux prestataires, notamment aux médecins du travail, les outils nécessaires pour faire face aux défis auxquels ils sont confrontés.
L’objectif aujourd’hui était de réaliser une mise à niveau, d’évaluer l’efficacité des mesures de prévention, et de vérifier si les professionnels maîtrisent bien la prévention des risques. Savent-ils surveiller correctement le milieu de travail ?
La prévention s’articule à plusieurs niveaux : la prévention santé des travailleurs (visites médicales d’embauche, visites périodiques, etc.) ; la surveillance du milieu de travail (études de poste, évaluation des risques professionnels). C’est un ensemble complet.
Enfin, il y a la prise en charge médicale en cas d’accident du travail, avec la déclaration à la CNPS, la réparation, et l’analyse de ce qu’on appelle “l’arbre des causes” : Pourquoi l’accident s’est-il produit ? Quelles mesures mettre en place pour éviter qu’il ne se reproduise ?
Voilà en résumé ce que nous avons abordé durant cette formation. Je vous remercie.
Yaya KANTÉ