Le 26 mars 2026, la République démocratique du Congo (RDC) a signé un accord minier avec la Chine, prévoyant une exonération totale des droits de douane sur les exportations minières dès le 1er mai. Si cette mesure vise à dynamiser les échanges, elle relance les inquiétudes[1] sur une dépendance accrue et des retombées économiques limitées pour le pays.
Un accord stratégique aux effets immédiats
À Kinshasa, les autorités congolaises ont officialisé un partenariat renforcé avec Pékin. À compter du 1er mai 2026, les exportations minières vers la Chine bénéficieront d’une franchise douanière totale. Objectif affiché : stimuler les flux commerciaux et attirer davantage d’investissements.
Mais cet accord intervient dans un contexte déjà marqué par une forte présence chinoise dans le secteur aurifère congolais. Selon plusieurs estimations, jusqu’à 80 % des mines d’or du pays seraient orientées vers le marché chinois.
Une domination économique contestée
Le secteur minier représente près de 99 % des exportations de la RDC vers la Chine. En 2025, le pays a exporté plus de 2,2 milliards de dollars d’or,[2] dont 1,7 milliard à destination de Pékin.
Pourtant, les retombées locales restent faibles. À peine 286 millions de dollars issus de l’exploitation artisanale sont restés dans l’économie nationale. En cause : des contrats jugés déséquilibrés, un cadre fiscal peu avantageux et des soupçons persistants de non-respect des normes environnementales et administratives.
Un enjeu africain, observé depuis Abidjan
En Côte d’Ivoire, où l’exploitation aurifère connaît également une croissance rapide, cette situation est suivie avec attention. Elle soulève une question clé : comment valoriser les ressources naturelles sans perdre le contrôle stratégique ?
Une alerte morale et internationale
Le 18 avril 2026, en Angola,[3] le pape Léon XIV a dénoncé « une logique d’exploitation » génératrice de « souffrances et de catastrophes sociales et environnementales ». Une déclaration qui fait écho aux critiques croissantes sur le modèle extractif en Afrique.
À l’heure où les partenariats miniers se multiplient sur le continent, la RDC incarne un cas d’école : celui d’une richesse abondante, mais encore insuffisamment convertie en développement durable.
Une correspondance particulière de F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info
[1]La RDC s’inquiète de la domination chinoise dans son secteur minier
[2]https://www.ambardcchine.org/actualites/rdc-plus-de-2-milliards-usd-d-exportations-d-or-en-2025-un-signal-fort-pour-le-secteur-minier
[3]Angola : « Votre peuple possède des trésors qui ne peuvent être ni vendus, ni volés » (texte complet) – VaticanInfo