Le président du Renouveau démocratique, Lamoussa Djinko, s’est opposé à l’idée d’une monnaie propre aux pays de l’Alliance des États du Sahel (Aes). Il s’exprimait mercredi 11 février 2026 au siège de son parti à Abidjan-Cocody-Attoban, lors d’une conférence de presse consacrée à la situation économique du pays.
Face aux journalistes, Lamoussa Djinko a critiqué la proposition d’une monnaie sous-régionale pour le Mali, le Burkina Faso et le Niger, arguant qu’une telle devise ne peut être forte que si elle repose sur un marché vaste et dynamique. « Si vous ne maîtrisez pas votre économie, vous ne maîtrisez rien. L’Aes ne dispose pas d’un marché suffisamment large pour garantir la stabilité d’une nouvelle devise », a-t-il déclaré, tout en exprimant le souhait de voir ces pays rester dans l’espace Uemoa.
Il a appelé au dialogue entre l’Aes et la Cedeao et a invité le président Alassane Ouattara à jouer un rôle de médiateur dans la sous-région. Par ailleurs, Lamoussa Djinko a proposé une réforme en profondeur de l’architecture monétaire africaine, avec la création de quatre grandes zones continentales : Ouest, Nord, Centre et Sud.
Pour lui, l’objectif est de renforcer l’intégration économique, soutenir l’industrialisation et permettre à l’Afrique de produire davantage ce qu’elle consomme. « L’Afrique n’a pas besoin de rêver aux États-Unis d’Afrique, mais au moins, sur le plan économique, nous pouvons nous rapprocher », a-t-il expliqué.
Lamoussa Djinko a également critiqué les contrats d’exploitation minière, qui sont souvent dominés par des entreprises étrangères. Selon lui, un véritable changement passe par la révision de ces contrats, notamment pour le manganèse, l’or et d’autres minerais. Il a aussi dénoncé le code des investissements, qu’il considère comme favorisant le rapatriement des bénéfices au détriment de l’économie nationale.
Enfin, il a plaidé pour un soutien accru aux producteurs locaux, déplorant les difficultés d’accès au crédit bancaire pour les paysans ivoiriens. Il a proposé que l’État investisse dans l’industrie chocolatière en Europe afin de mieux valoriser le cacao ivoirien et de réduire l’impact de la spéculation boursière sur cette filière stratégique.
Mamadou Ouattara avec A. Traoré