Société

Remblais illégaux sur la lagune Ébrié : le gouvernement affiche sa fermeté

Par Yaya Kanté10 avril 2025

Une mission interministérielle et le BNETD ont révélé la persistance de remblayages interdits malgré un cadre réglementaire strict et des sanctions dissuasives. Le mercredi 9 avril 2025, la délégation, conduite par M. Dioman CONÉ, directeur de cabinet du ministre des Transports, a effectué une visite sur plusieurs sites de remblaiement, allant de la base maritime de Treichville à Biétry.

Des conséquences alarmantes

Malgré la suspension officielle des remblais depuis février 2022, des travaux illégaux se poursuivent. « Il se passe actuellement des remblais sur la lagune qui ne sont pas autorisés », a déploré M. CONÉ, rappelant la décision du Conseil des ministres interdisant toute opération de remblayage.

Le remblaiement illégal représente une grave menace pour l’environnement, la mobilité et la sécurité. Non seulement il détruit la biodiversité, mais il entrave également la navigation sur la lagune, tout en augmentant les risques d’inondations en saison des pluies, mettant en danger les populations. De plus, cette pratique contribue à la dégradation des infrastructures d’assainissement et restreint l’accès des riverains à la lagune. Pourtant, la lagune Ébrié joue un rôle clé dans le projet de transport lagunaire, qui vise à améliorer la mobilité à Abidjan et à dynamiser le tourisme. Sa préservation constitue donc un enjeu stratégique majeur.

Des mesures réglementaires renforcées

La Côte d’Ivoire s’est dotée d’un cadre réglementaire renforcé pour lutter efficacement contre le remblayage illégal : un Code maritime, un décret relatif aux aménagements des rivages et une décision gouvernementale. Les contrevenants s’exposent à des peines d’emprisonnement et à de lourdes amendes, ainsi qu’à la saisie de leurs équipements.

Les mesures prises comprennent : la suspension immédiate de tous les remblais en cours, la réalisation d’une cartographie BNETD identifiant 12 zones interdites et 14 zones à remblaiement conditionnel et la création d’une brigade spéciale chargée de faire respecter la loi.

Face à ces dérives, Dioman CONÉ a lancé un appel solennel : « Il est temps de remettre la lagune dans son état initial. Préserver la lagune, c’est préserver l’avenir de notre mobilité urbaine et de notre environnement. », indiquant l’application systématique des sanctions à tous les contrevenants.

📱 Version mobile accélérée (AMP)

Voir la version complète avec commentaires