Le vice-amiral QUÉRAT a appelé à une coopération renforcée entre la France et la Côte d’Ivoire pour assurer la sécurité maritime en Afrique et particulièrement dans le Golfe de Guinée.
Le vice-amiral Jean-François QUÉRAT, préfet maritime de l’Atlantique, a visité l’Académie régionale des sciences et techniques de la mer (ARSTM) à Abidjan, le mardi 11 mars 2025. À cette occasion, les enjeux de la sécurité maritime en Afrique et particulièrement le dans le Golfe de Guinée ont été mis en lumière. Face à des défis qui nécessitent une réponse internationale coordonnée, cette visite renforce les collaboration entre la France et la Côte d’Ivoire pour sécuriser les espaces maritimes africains.
Les menaces émergentes en mer
Le vice-amiral QUÉRAT a exposé les menaces croissantes qui pèsent sur les espaces maritimes à l’Institut de sécurité maritime interrégional (ISMI), en présence du colonel-major Karim COULIBALY, directeur général de l’ARSTM, des acteurs de la sécurité en mer ainsi que des cadres d’institutions internationales telles que l’OMAOC et le CRESMAO. Structurant son analyse autour de trois axes : compétition, contestation et affrontement, il a souligné l’importance de zones sensibles comme le Golfe de Guinée, où les puissances maritimes modifient l’équilibre.
Parmi les menaces évoquées, la cybercriminalité maritime représente une préoccupation croissante, avec des attaques sophistiquées visant les ports et les systèmes de navigation. L’intelligence artificielle en mer, bien que prometteuse, s’avère être une technologie à double tranchant, capable de perturber les activités sécurisées si elle est mal utilisée.
Le vice-amiral a également évoqué les infrastructures sous-marines exposées à des risques de sabotage ou d’interruption, telles que les câbles de télécoms et les pipelines. La piraterie et les trafics illicites continuent aussi des problèmes causant l’instabilité régionale dans certaines zones maritimes. Enfin, la pêche INN (illicite, non déclarée et non réglementée) constitue un fléau qui menace non seulement les ressources marines, mais aussi la souveraineté des États côtiers.
Coopération internationale : la clé de la stabilité maritime
Face à ces défis, le vice-amiral a insisté sur la nécessité d’une coopération internationale renforcée. Il a cité les Accords de Yaoundé, qui structurent la lutte contre l’insécurité maritime en Afrique de l’Ouest et Centrale, ainsi que les initiatives conjointes de plus pays pour lutter contre la pêche INN.
À l’issue de la conférence, le vice-amiral a visité les infrastructures de l’ISMI-ARSTM, accompagné du Colonel ABÉ AKÉ Lazare, directeur de l’ISMI. Cette visite a permis de mettre en avant les avancées réalisées dans la formation en sécurité maritime, grâce au soutien logistique et financier de la France. En 2024, 137 auditeurs issus des pays du Golfe de Guinée ont bénéficié de 8 formations couvrant des domaines variés, de la lutte contre la piraterie à la gestion des catastrophes en mer.
Vers une collaboration franco-ivoirienne renforcée
Le colonel-major Karim COULIBALY a également salué l’engagement de la France à travers l’exercice naval Grand African Nemo (GANO), qui renforce les capacités des administrations maritimes civiles et militaires. Il a plaidé pour un renforcement des formations sur la cybersécurité maritime et les nouvelles menaces technologiques.
Cette rencontre a réaffirmé l’importance d’une collaboration étroite entre la France et la Côte d’Ivoire pour sécuriser le Golfe de Guinée. Le vice-amiral QUÉRAT a insisté sur le rôle clé de l’innovation et du partage d’expertise pour anticiper et contrer les menaces émergentes.
Yaya K