Du dimanche 24 au dimanche 31 mai 2026, la Côte d’Ivoire vit une semaine festive inédite. Entre la Pentecôte, la Tabaski et la Fête des Mères, les flux de voyageurs explosent sur les axes routiers. Pour prévenir les accidents de la circulation durant cette période de forte affluence, le ministre des Transports, Amadou Koné, a déployé un dispositif de sécurité routière exceptionnel. Objectif ? : zéro drame sur les routes ivoiriennes grâce à l’opération « Tolérance Zéro ».
Cette semaine ne ressemble à aucune autre. En l’espace de sept jours, du dimanche 24 au dimanche 31 mai 2026, trois grandes fêtes traversent la Côte d’Ivoire comme une vague : la Pentecôte d’abord, qui voit les familles chrétiennes rallier leurs villages pour commémorer la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres du Christ ; la Tabaski ensuite, le mercredi 27, fête du sacrifice qui marque la fin du Hadj et le retour des pèlerins de La Mecque ; la Fête des Mères enfin, le dimanche 31, hommage universel à toutes les figures maternelles. Trois célébrations, trois vagues humaines, et des routes qui grondent sous les roues de centaines de milliers de véhicules.
Or, une fête qui tourne mal sur la route est une fête qui ne finit jamais. C’est cette réalité brutale qu’Amadou Koné, ministre des Transports et des Affaires Maritimes, a en tête depuis sa prise de fonction. Et c’est pour l’éviter qu’il a ordonné, dès le début de cette semaine festive, le déploiement d’un dispositif tripartite inédit : l’Office de Sécurité Routière (OSER), garant de la prévention et de la sensibilisation ; la Direction Générale du Transport Terrestre et de la Circulation (DGTTC), qui veille à l’encadrement réglementaire du transport public ; et la Direction de la Police Spéciale de Sécurité Routière (DPSSR), fer de lance opérationnel armé d’équipages, de motards et de terminaux numériques de dernière génération.
Cette mobilisation n’est pas improvisée. Elle s’inscrit dans un engagement stratégique de long cours : la Stratégie Nationale de Sécurité Routière 2021-2025, en cours d’achèvement, et sa continuatrice, la Stratégie 2026-2030, déjà en phase de déploiement. Toutes deux s’alignent sur l’objectif onusien de réduire de 50 % la mortalité routière mondiale à l’horizon 2030. Pour Amadou Koné, chaque opération de terrain est une brique de cet édifice. « La sécurité routière n’est pas une option, c’est un droit que chaque Ivoirien mérite et davantage encore aux heures de fête. »
Dès le dimanche 24 mai, premier jour de la Pentecôte et première journée de déploiement, la DPSSR a tenu toutes ses promesses. L’opération « Tolérance Zéro » a mobilisé six équipages et trois motards sur les barrages intelligents et la surveillance du réseau. Résultat : 14 conducteurs verbalisés par terminaux numériques pour des infractions qui auraient pu coûter des vies : défaut de visite technique, pneumatiques en mauvais état, surcharge, refus d’obtempérer. Cinq véhicules jugés trop dangereux pour circuler ont été immédiatement mis en fourrière.
Simultanément, trois équipages et deux motards quadrillaient les zones les plus accidentogènes de l’agglomération abidjanaise : la station Ola sur la voie express Yopougon-Adjamé, et l’axe Riviera 2 entre le tunnel et Cap Nord. Bilan : zéro accident enregistré. Des chiffres qui ne doivent rien au hasard, mais tout à la présence visible et dissuasive des forces de l’ordre sur ces artères stratégiques. Des équipages supplémentaires ont également été déployés à la clôture de l’aéroport Félix Houphouët-Boigny, où la circulation est restée fluide et normale toute la journée.
Dans les gares routières d’Adjamé et de Yopougon où s’entassent chaque jour les voyageurs des compagnies UTB, SBTA, CTE, AVS, CATRANS, SKAE et SDS, c’est un autre visage du dispositif qui s’est montré : celui de la pédagogie. Trois équipages de la DPSSR n’y ont pas dressé de barrages, ils ont tendu la main. 266 usagers sensibilisés, 266 dépliants distribués, et surtout 30 conducteurs professionnels soumis à un contrôle d’alcoolémie systématique avant chaque départ. Résultat : aucun cas positif. Un signal fort, à la veille d’une Tabaski qui va multiplier les longues courses nocturnes.
Car la nuit précédente avait livré un enseignement moins rassurant. Lors des contrôles nocturnes menés dans les communes de Cocody et Yopougon dans la nuit du 23 au 24 mai, 87 conducteurs ont été soumis à l’éthylomètre. Un seul a été contrôlé positif, mais avec un taux éloquent : 1,06 gramme d’alcool par litre de sang, soit plus du double du seuil légal. Sept autres affichaient des valeurs intermédiaires, entre 0,19 et 0,57 g/L , suffisantes pour altérer les réflexes et transformer un virage banal en drame. Ces chiffres rappellent que le danger ne dort pas, même quand les fêtards rentrent.
Derrière les chiffres et les uniformes, il y a des familles qui attendent. Des mères qui guettent le retour de leurs enfants. Des enfants impatients de rejoindre leurs parents pour la Tabaski ou pour serrer leur maman dans leurs bras le dimanche 31. Pour que ces retrouvailles se vivent pleinement, le ministère des Transports adresse un message simple aux usagers : vérifiez vos pneumatiques avant de partir, ne prenez jamais le volant sous l’emprise de l’alcool, respectez les limitations de vitesse, évitez la surcharge. Les agents sur le terrain ne sont pas vos ennemis ,ils sont vos gardiens.
La route des fêtes ne doit jamais devenir la route du deuil. Avec ce dispositif massif et continu jusqu’au 31 mai, le ministre Amadou Koné envoie un message clair à la nation : l’État ivoirien veille. Sur chaque voie express, dans chaque gare routière, à chaque carrefour à risque. Pour que cette semaine exceptionnelle reste, dans toutes les mémoires, une semaine de joie.
Avec Sercom