Un panel de haut niveau sur la sécurité routière s’est tenu à Abidjan, à l’occasion de la 17è édition du Femua.
Un panel de haut niveau sur la sécurité routière s’est tenu le 16 avril 2025 à l’INJS d’Abidjan, à l’occasion du 17è Femua. Placé sous le thème « Persistance des accidents de la circulation : à qui la faute ? Quelle solution ? », cet événement a réuni le ministre ivoirien des Transports, Amadou KONÉ, et Tamba Benoît KAMANO, ministre secrétaire général de Guinée.
Une mobilisation nationale face à un fléau
Amadou KONÉ a présenté le bilan à mi-parcours de la Stratégie nationale de la sécurité routière 2021-2025, adoptée par la Côte d’Ivoire en 2021. Si des progrès sont notables entre 2021 et 2023 avec une baisse de 24 % des accidents et de 9 % des décès, le dernier trimestre 2024 a enregistré une inquiétante recrudescence (+14 % de tués, +17 % de blessés).
Le ministre a rappelé l’urgence de la situation et les réponses apportées par l’État : « Ce cadre nous permet d’intensifier la sensibilisation, notamment auprès des jeunes, pour inverser la tendance et atteindre une baisse de 25 % des accidents en 2025, puis 50 % en 2030, et revenir au niveau de 2013 »
Des chiffres préoccupants pour la jeunesse
« En Afrique comme en Côte d’Ivoire, les accidents de la route sont la première cause de mortalité chez les 5-29 ans », a alerté le ministre. Sans une action concertée, le nombre de décès, passé de 864 en 2012 à près de 1 600 en 2021, pourrait atteindre 3 000 d’ici 2030.
Les chiffres révèlent une vulnérabilité accrue des jeunes : 70 % des victimes sont des usagers de deux ou trois roues, 60 % des décès concernent cette même catégorie. Les poids lourds et transports collectifs sont responsables de 34 % des accidents mortels. Face à ce constat, le ministre a insisté sur l’importance d’une éducation routière dès le plus jeune âge et d’une coordination gouvernementale afin d’ajuster les efforts au besoin.
L’expérience guinéenne partagée
Tamba Benoît KAMANO a exposé les défis guinéens. Le tableau dans ce pays voisin est aussi sombre : 3 500 morts et 5 000 blessés entre 2019 et 2023. La situation tend à s’aggraver avec la prolifération des deux-roues et un parc automobile vétuste.
Selon le ministre secrétaire général de Guinée, pour inverser les chiffres, le pays doit réformer le code de la route et le système de permis de conduire, accélérer le renouvellement du parc automobile vétuste.
Les conclusions du panel sont sans équivoque : la réussite de toute stratégie passe par l’engagement de tous- État, secteur privé, société civile, partenaires techniques et financiers et jeunes.