Afrique

Sénégal : «La répression et la dénonciation : effets pervers du conflit casamançais» (Historien)

Par Charles Kouassi21 février 2015

AFRIKIPRESSE – Dakar . Avec plus de 33 ans d’hostilités, le conflit indépendantiste de la Casamance (Sud) animé par le Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (Mfdc), est sans nul doute le plus vieux du continent africain, voire du monde. Des observateurs de cette crise estiment que l’option première de l’Etat du Sénégal consistant à l’usage de la force répressive, poussant certaines populations à se lancer dans la dénonciation pour régler des comptes, a empiré les choses. Parmi eux, il y a le professeur Nouha Cissé, qui a vu naitre et grandir cette crise, pendant les longues années passées dans cette partie sud du Sénégal comme professeur d’Histoire d’abord, et en tant que Proviseur du Lycée Djignabo de Ziguinchor, ensuite.

Selon le professeur Cissé, les méthodes répressives de l’Etat au début ont entraîné des effets pervers tels que la dénonciation, la délation, les règlements de comptes. «Une véritable psychose sécuritaire s’était installée au niveau des communautés. Et pour ces raisons, beaucoup se sont terrés, recroquevillés pour éviter d’être victimes. Au fond, les communautés étaient entre la répression de l’armée et celle des combattants du MFDC», dit-il.

Il souligne deux étapes de l’implication des femmes dans la recherche de la paix. Ainsi, les femmes ont-elles d’abord fait dans la sensibilisation et la mobilisation, avant d’entamer le plaidoyer.
«Les femmes ne sont pas apparues d’une manière visible sur le terrain de la lutte armée. Toutefois, elles ont été visibles en amont de la lutte armée. Leur combat se limitait au relais et à l’appui pour le renforcement des capacités économiques du maquis, en s’activant dans la vente de produits de cueillette et des produits illicites comme la drogue, bref, elles servaient de relais entre les zones de production, les différends marchés et le maquis. Elles ont également dû être utilisées dans le cadre des renseignements. Elles ont dû être des combattantes, mais ce dernier scénario demeure la face cachée du conflit», explique l’historien.

NB : L’intégralité de l’interview à lire dans le prochain numéro du magazine AFRIKIPRESSE à paraître bientôt.

Ndiack FAYE

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