Politique

Situation en Guinée : depuis Abidjan pouvoir et opposition s’accusent

Par Charles Kouassi21 avril 2015

AFRIKIPRESSE-Abidjan. Devant la situation de crise qui a lieu en Guinée, Afrikipresse.fr a donné la parole dans la capitale économique ivoirienne au représentant de l’opposition et à celui de la Majorité présidentielle, ainsi qu’à deux journalistes d’origine guinéenne installés en Côte d’Ivoire.

Selon Dr Diallo de l’opposition guinéenne ce qui se passe dans le pays est un blocage délibéré de la part de la mouvance présidentielle.

Il estime qu’en changeant le chronogramme qui a été établi , le pouvoir a fait le choix aboutir à ce qui arrive dans le pays .

” Voyez-vous, il y a des accords du 3 juillet qui stipulent qu’il faut évacuer toutes les élections locales avant d’aller aux élections présidentielles. Mais ce qui s’est passé, c’est qu’il y des maire, des communes, surtout des 5 communes de Conakry qui sont remplacés par dérogations spéciales. Ce sont des maires qui sont proches de l’opposition qui ont été remplacés après les élections de 2010. Et ceux qui les ont remplacés, leur mandat était seulement de 6 mois alors que jusqu’à présent, ils sont là, à ces postes. Les accords de 3 juillet sont malheureusement des accords cadres, sans la présence de la communauté internationale, ce sont donc des accords inter-guinéens qui disent qu’il faut faire les élections communales avant les élections présidentielles. En faisant ces élections locales, telles que les législatives par exemple, cela montrerait que ce monsieur (le président guinéen) est minoritaire dans le pays. Et puis l’opposition réunie montrerait que les élections présidentielles ne seraient d’une simple formalité parce qu’il est évident que vient avant, on remportera toutes ces élections locales, à Conakry “, explique Diallo.

Son de cloche différent chez Kamissoko Sory de la Majorité présidentielle qui accuse l’opposition de vouloir instaurer la pagaille.

“Pour être très précis et sincère avec vous, dit-il, personne ne comprend l’objectif visé par l’opposition guinéenne. Parce que tout ce que les dirigeants de l’opposition font , n’est qu’un ensemble de mises en scènes qui ont des conséquences désavantageuses pour la Guinée. Nous déplorons cette situation d’abord ! “.

Concernant le fond des revendications évoquées, Kamissoko Sory trouve qu’elles sont non fondées.

” Voyez-vous, poursuit M Kamissoko Sory ce sont des gens qui ont déjà échoué pendant qu’ils étaient aux affaires et aujourd’hui, pour refuser de voir que le Président a réussi là où ils ont échoué, il faut lui mettre des bâtons dans les roues, pour l’empêcher de travailler. Le Guinéen a atteint une certaines maturité parce que lorsqu’on compare leur bilan à celui du Président qui est aux affaires il y a seulement 4 ans à 5 ans, c’est le jour et la nuit. Le Guinéen ne va plus tomber dans ces travers-là. C’est de la pagaille que veut instaurer l’opposition mais comme le président est un démocrate, il les laisse faire parce que notre constitution autorise les marchés”.

Le journaliste Alphonse Camara estime pour sa part que les choses n’ont pas du tout avancé.

“Lorsque l’actuel président venait au pouvoir, explique -t-il, les gens ont fondé beaucoup d’espoir sur lui, en espérant qu’il ferait en sorte que la démocratie soit respectée. Avec ce qui se passe actuellement, je dirai que les choses n’ont pas du tout avancé. Il a reproché plein de choses à son prédécesseur mais aujourd’hui, on se rend compte que rien n’a changé, et il fait même pire”.

Également journaliste Demba Diallo déplore la situation. Il la trouve même déjà regrettable avec tous ces morts, tous ces blessés, et toutes ces interpellations.

Il poursuit son analyse : ” Il faut dire qu’il y a eu des accords qui ont été signés ce que le pouvoir ne veut pas respecter. Il veut organiser les élections présidentielles avant les élections communales. Ces élections communales qui devraient en principe être tenues depuis 2013 ou 2014. Le pouvoir se défend en disant qu’il y a eu l’épidémie du virus à Ebola, ce qui l’est pas l’avis de l’opposition. Elle se dit que c’est une façon pour le pouvoir de tenter de préparer son passage en force pour les élections présidentielles de 2015. En clair, l’origine du conflit est le non respect des accords qui ont été signés en Guinée. Je pense qu’il fallait simplement respecter ces accords parce que c’est pour cela qu’ils ont été signés , ce qui rassurerait tout le monde. Aujourd’hui, nous sommes dans des grèves intempestives, avec ce que cela comporte comme conséquence. C’est l’économie qui va prendre un coup, ce sont les bailleurs de fonds qui vont trainer les pieds, qui vont éviter la destination de la Guinée. C’est vraiment dommage pour nos dirigeants africains qui ont des difficultés à organiser les élections. Avec tout ce qui se passe sur les côtes libyennes, les différents dirigeants africains devraient plutôt être responsables en pensant au peuple”.

Claude Dassé, à Abidjan

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