Janvier 2014, quelques mois avant la chute du Président Blaise Compaoré , Guillaume Soro avait conduit avec Hamed Bakayoko et Ibrahim Ouattara, une mission de bons offices au Burkina Faso, à la suite du départ du CDP, des barons tels que Roch Christian Kaboré, Simon Compaoré et Salif Diallo.
À cette occasion le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire avait eu des échanges avec Aziz Zana , qui au nom de la jeunesse burkinabè lui avait adressé une lettre ouverte, pour l’interpeler sur son devoir d’aider le pays des hommes intègres à réussir une alternance apaisée, et de dissuader Blaise Compaoré à modifier la Constitution pour un autre mandat.
Une relecture de la réponse faite par Guillaume Soro à cette époque où Blaise Compaoré était encore au pouvoir, montre clairement que le président du parlement ivoirien avait pris soin de ne pas insulter l’avenir, parlant en de bons termes de celui qui est devenu près de deux ans plus tard, le président du Faso.
Ci-dessous un extrait de la réponse à Aziz Zana.
«Roch Christian Kaboré, l’ancien président de l’Assemblée Nationale du Faso, est un ami et doyen qui a accompagné mes premiers pas à la tête du Parlement ivoirien. Je ne saurais donc parler du Burkina Faso sans avoir toute la délicatesse d’un vrai fils adoptif de ce pays-là, mien aussi par le destin et par la fraternité qui m’y lie à ce qu’il a vraiment de grand et de meilleur (…) Votre lettre, par ailleurs, revêt pour moi un intérêt évident. Non seulement, j’ai parfaitement pris conscience de la tonalité insistante de votre Mouvement ça suffit, mais en outre, je sais qu’à travers la présente réponse à votre lettre, je m’adresserai de fait à ces millions de jeunes Burkinabè qui ont le regard tourné vers mes actes et paroles, moi dont ils admirent massivement l’engagement depuis plus de deux décennies pour la démocratisation intégrale et effective de la Côte d’Ivoire ».
Contrairement à son ex parrain dans la vie parlementaire, Guillaume Soro et son entourage, ne sont pas prêts à prendre les mêmes gants au sujet du futur ex premier ministre du Burkina, Zida.
Il est vrai que Roch Mac Christian Kaboré n’avait jamais de son côté , attaqué Guillaume Soro comme l’a fait Zida. Le simple fait d’avoir quitté le parti de Compaoré ne méritait une guerre entre l’ex président du parlement burkinabé et celui qu’il encadra en Côte d’Ivoire. Deux ans après on peut dire qu’il n’a pas eu tort.
Alice Ouédraogo