Société

Taï : Une étude scientifique alerte sur la transmission des zoonoses entre animaux et humains

Par La Rédaction17 février 2026

À Taï, dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire, des chercheurs ont présenté les résultats d’une étude menée depuis plusieurs années sur la transmission des maladies entre animaux et populations humaines. Cette initiative s’inscrit dans l’approche « One Health ».

La salle de conférence de la préfecture de Taï a accueilli, le vendredi 13 février 2026, l’atelier de lancement du projet « Une cohorte, une seule santé pour tous », en présence des autorités administratives du département et de la région.

Portée par le Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte d’Ivoire (CSRS), en collaboration avec le Helmholtz Institute for One Health (HIOH) en Allemagne, cette initiative vise à freiner la transmission des maladies entre les animaux et les populations humaines, dans une approche intégrée dite « One Health » (Une seule santé).

La biologiste Dr Fée Zimmermann, cheffe de projet au HIOH, et le Dr Wayoro Ebi, microbiologiste, enseignant-chercheur à l’Université Alassane Ouattara et chercheur associé au HIOH, ont présenté les résultats d’années de travaux menés dans le département de Taï.

« Nous travaillons dans cette localité depuis de nombreuses années. Les études sont désormais achevées et il était essentiel de restituer les résultats aux populations. Nous voulons leur expliquer comment les maladies se transmettent des animaux à l’homme et surtout comment freiner cette transmission », a indiqué le Dr Fée Zimmermann.

Elle a souligné la spécificité écologique de Taï, située au cœur d’un environnement forestier riche en biodiversité, à proximité du Parc national de Taï, où les interactions entre humains, faune sauvage et environnement favorisent l’émergence et la circulation d’agents pathogènes.

Prenant la parole à son tour, le Dr Wayoro Ebi a insisté sur l’importance stratégique du département, également situé à la frontière ivoiro-libérienne.

« La transmission des agents pathogènes entre animaux et humains constitue une préoccupation majeure, notamment dans une zone aussi fréquentée que le parc. Notre ambition est de prévenir les épidémies sur le long terme », a-t-il expliqué.

Dans cette optique, les partenaires envisagent la construction d’un laboratoire à Taï afin de réaliser des analyses sur place. L’objectif est de détecter rapidement toute maladie émergente et d’alerter les autorités compétentes pour une prise en charge rapide et efficace.

Les chercheurs se sont déclarés satisfaits de l’atelier de lancement et ont appelé les populations à s’approprier le projet afin de renforcer la sensibilisation dans les villages du département.

Pour la mise en œuvre de cette cohorte, 443 ménages ont été identifiés dans 13 zones, ainsi que 113 habitations sélectionnées pour les travaux de recherche.

À travers cette approche participative, les partenaires entendent consolider la sécurité sanitaire locale et contribuer à la prévention des risques épidémiques dans cette zone stratégique du sud-ouest ivoirien.

Konhon Dominique

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