Le 13 mai 2025, à la maison du PDCI-RDA à Cocody, Akossi Bendjo, vice-président du parti et coordonnateur général du projet de société du candidat Tidjane Thiam, a vanté le choix de l’ancien patron du Crédit Suisse. Selon lui, Thiam a abandonné une carrière internationale pour se consacrer à la Côte d’Ivoire. Une déclaration qui divise et relance les interrogations sur l’implication réelle du candidat dans la vie nationale depuis 2020.
Un homme d’État “exceptionnel” selon Bendjo
Face à la presse, Akossi Bendjo a voulu d’abord désamorcer toute polémique :
« Cette conférence n’est pas destinée à alimenter des querelles de personnes. Il s’agit de parler de l’avenir de la Côte d’Ivoire. »
Pour le vice-président du PDCI-RDA, la situation sociopolitique actuelle exige plus qu’une alternance classique. Elle requiert un changement profond et une vision.
« Notre pays traverse une crise politique. Ce dont les Ivoiriens ont besoin, ce n’est pas d’un simple changement de régime, mais d’une espérance nouvelle, fondée sur des valeurs de justice, de vérité et de paix », a-t-il affirmé. Et cette espérance, selon lui, a un nom : Tidjane Thiam.
“Il a tourné le dos à une carrière internationale”
Akossi Bendjo n’a pas tari d’éloges à l’endroit du candidat du PDCI-RDA, qu’il présente comme un homme d’État au parcours inspirant. « Nous ne répondrons pas par des slogans, mais par un programme de société clair, porté par un homme d’État d’une qualité exceptionnelle, malgré les campagnes de discrédit menées contre lui », a-t-il martelé.
Et d’ajouter : « Le président Thiam aurait pu continuer sa brillante carrière dans les plus grandes institutions internationales. Mais il a choisi de consacrer son énergie et son savoir-faire à ses frères et sœurs ivoiriens. »
Un récit qui interroge
Mais cette vision héroïque de l’engagement de Tidjane Thiam ne fait pas l’unanimité. Depuis son départ du Crédit Suisse en 2020, dans un contexte de controverses, plusieurs observateurs s’interrogent : que fait concrètement Tidjane Thiam pour la Côte d’Ivoire ?
A-t-il pris les rênes d’une entreprise ou d’un projet d’envergure nationale ou régionale ? Dirige-t-il une initiative structurante ? Ou se prépare-t-il à distance, sans responsabilités avérées, à une entrée en politique ?
Autant de questions qui, à cinq mois du scrutin présidentiel, méritent des réponses claires. Car si la candidature de Thiam séduit une partie de l’opinion, elle suscite aussi des doutes sur son ancrage réel dans les réalités du pays.
Une question à un million de dollars
Dans cette campagne, où l’image des candidats comptera autant que leurs propositions, le parcours post-2020 de Tidjane Thiam sera scruté. Sa décision de revenir en politique nationale est-elle motivée par un véritable sacrifice personnel et un engagement patriotique profond ? Ou s’inscrit-elle dans une stratégie de positionnement, après une mise à l’écart de la scène financière mondiale ?
La question reste ouverte. Et comme l’a souligné un analyste politique, « c’est peut-être là la question à un million de dollars ».
Philippe Kouhon