La 22e édition du Printemps des Poètes des Afriques et d’Ailleurs présidée par le poète et universitaire Thierry Sinda, et animée par l’acteur et metteur en scène Moa Abaïd, se tiendra en distanciel dans l’émission hebdomadaire « Poétiquement vôtre » animée chaque dimanche à 14 heures (heure de Paris) par le président du festival sur la webradio : globe-radio.org. Elle commémorera le 70e anniversaire de la publication du Premier chant du départ de Martial Sinda paru aux éditions Seghers en 1955 et réédité, pour la circonstance, en mars 2025 par les éditions Orphie. Martial Sinda est le premier poète de l’Afrique Équatoriale française. Il est aussi depuis 2006 le parrain du festival.
La 22e édition du Printemps des Poètes des Afriques et d’Ailleurs se tiendra en distancielle, vous utilisez désormais les moyens du nouveau monde pour faire la promotion de la poésie du monde noir ?
Thierry Sinda : « À malheur quelque chose est bon » comme le dit l’adage populaire. Le covid n’a pas inventé le « présentiel » et le « distanciel », mais il en a fait une médiatisation à outrance. En ce qui nous concerne, nous avons fait en distanciel sur la webradio : globe-radio.org, un événement l’été dernier, autour du livre Les Olympes noirs d’Henri Moucle (TSM éditeur) pendant les Jeux Olympiques. Ce livre mettait en exergue le rôle des sportifs noirs dans la lutte contre les discriminations raciales coloniales et post coloniales à l’égard du Noir. J’ai fait en présentiel, en novembre dernier, à l’invitation du professeur Odile Razakamahefa, à l’École Normale supérieure d’Antananarive, une conférence sur ce thème, qui a eu un franc succès.
La 20e édition du Printemps des Poètes des Afriques et d’Ailleursautour de l’anthologie de recueils Mémoires et Révoltes au féminin, Cinq lauréates du Grand Prix Martial Sinda de la poésie francographe que j’ai initiée et conçue (Yonban Ladouce, Silence on décolonise !; Sarah Sambin, Antécédents guadeloupéens ; Marie Annick M’Nemosyme, Drapeau dans l’âme ;Valiha Rakotonirainy, Cœurs en chœur – éditions Unicité, 2023) se tenait en partie en distanciel sur globe-radio.org et en partie en présentiel à la librairie de L’Avenue-Henri Veyrier (au Marché aux puces de la Porte de Clignancourt, côté Saint Ouen).
Nous avions dîner pour la clôture à deux pas de la librairie au restaurant Antilles-grillades. Nous devons utiliser tous les moyens technologiques, et bien plus encore, pour narrer et faire vivre notre propre histoire et la partager « entre nous, et entre nous et les autres » (Jacques Rabémananjara, cité librement).
Vous êtes à la 22e édition, quel bilan pouvez vous faire du festival du Printemps des Poètes des Afriques et d’Ailleurs dont vous êtes le président-fondateur ?
Nous avons fait raisonner nos éminents poètes des Afriques, et les poètes émergents – dont certains se sont remarquablement imposés, – sur la place parisienne et bien au-delà puisque les synthèses circonstanciées de nos éditions successives ont été portées loin, urbi et orbi, grâce aux concours des médias qui les ont disséminées dans le monde entier.
Pour la 10e édition du festival j’ai conçu l’Anthologie des poèmes d’amour des Afriques et d’Ailleurs (624 pages, éd. Orphie 2013) ; cet ouvrage est aujourd’hui un outil de référence que l’on trouve dans les bibliothèques universitaires des 5 continents.
Pour le 20e anniversaire nous avons créé le Grand Prix Martial Sinda de la poésie francographe qui a débouché sur la première anthologie de recueils de femmes panafricaines que j’ai initiée et conçue : Mémoires et Révoltes au féminin Cinq lauréates du Grand Prix Martial Sinda de la poésie francographe (éditions Unicité 2023). Elle fait son petit bout de chemin et je suis persuadé qu’il sera long et pleinement signifiant. Il faut citer aussi le Grand lauréat de ce Grand Prix le talentueux poète camerounais Harman Kamwa et tous autres distingués… Nous avons rendu hommage de son vivant à notre premier parrain le poète malgache Jacques Rabémananjara.
Nous avons rendu hommage à notre second parrain le poète congolais Martial Sinda dont nous avons commémoré en Sorbonne les 50 ans de son recueil Premier chant du départ. Nous avons commémoré le centenaire de la naissance du poète, dramaturge et romancier ivoirien Bernard Dadié. Nous avons eu comme invité d’honneur la sénégalaise Annette M’Baye d’Erneville, la première poétesse de l’Afrique subsaharienne francophone.
Nous sommes les seuls au monde à avoir commémoré, en 2013, un tri centenaire de la naissance de poètes: Aimé Césaire (Martinique), Jacques Rabémananjara et Dox (Madagascar). Et puis nous avons contribué à servir de tremplin à certains « poètes d’aujourd’hui »(Seghers) devenus des valeurs sûres de la poésie francographe : Pascale Labylle (Guadeloupe), Henri Moucle (Martinique), Habib Osmani (Algérie), Daniel Illemay (Martinique)… La liste est trop longue, je m’arrêterai là !
Pouvez-vous nous en dire plus sur le thème et le déroulement du 22e Printemps des Poètes des Afriques et d’Ailleurs qui est consacré aux 70 ans de la parution du Premier chant du départ de votre père Martial Sinda, qui est le premier poète de l’Afrique Équatoriale française, et le premier Noir distingué par le Grand Prix Littéraire de l’AEF en 1956 destiné aux écrivains coloniaux ?
Notre mission de poètes de la Néo-Négritude sur les bords de la Seine ne faillit pas. Pour donner un large écho au 22e Printemps des Poètes des Afriques et d’Ailleurs qui commémore les 70 ans du Premier chant du départ de Martial Sinda publié chez Seghers en 1955, Moa Abaïd, le directeur artistique, et moi-même, avons pris le parti de faire une édition en distanciel pour toucher un plus large public disséminé à travers le monde.
J’ai installé le festival dans mon émission hebdomadaire dominicale « Poétiquement vôtre » de la Web radio : globe-radio.org, laquelle commence à 14 h (heure de Paris et en replay hebdomadaire). Pour cette importante date anniversaire les éditions Orphie rééditent le livre, incessamment sous peu, courant mars 2025, dans une version augmentée (36 poèmes inédits), commentée par l’auteur (pour remettre le livre dans le contexte de l’époque), préfacée par René Maran, Prix Goncourt 1921, agrémentée de photos et de coupures de presse de l’époque, avec un appendice enrichi.
Le festival est une série radiophonique de 5 volets sur et autour de l’auteur et du contexte historique qui a prédestiné à l’écriture du Premier chant du départ. Suivront après chaque volet des scènes ouvertes aux poètes et artistes.
Au programme dans « Poétiquement vôtre » sur www.globe-radio.org à 14 h (heure de Paris et en replay hebdomadaire)
-Le dimanche 9 mars : Itinéraire et formation du poète Martial Sinda du Congo à Paris.
-Le dimanche 16 mars : Décryptage du recueil de Martial Sinda (1ʳᵉ partie) La Négritude.
-Le dimanche 23 mars : Décryptage du recueil de Martial Sinda (2e partie) Du Premier chant du départ de 1955 au Premier chant du départ de 2025.
-Le dimanche 30 mars : Le Paris noir des intellectuels de Présence Africaine : compte rendu à sa mère du jeune poète Martial Sinda d’une rencontre à Présence Africaine entre : Alioune Diop, Jean Malonga et Cheikh Anta Diop.
-Le dimanche 6 avril :Mission diplomatique du jeune poète Martial Sinda qui transporte pour son oncle le président du Congo, l’abbé Fulbert Youlou, l’éléphant zimbo au président des États-Unis Eisenhower.