Les États-Unis, puissance de plus en plus contestée par la Chine, qui apparaît plus sympathique et plus avenante, dominent le monde non seulement par leur arsenal militaire et leur économie, mais aussi par leur emprise sur les institutions internationales. L’ONU, les organismes financiers issus des accords de Bretton Woods et, surtout, l’hégémonie du dollar, du cinéma et des multiples visages du soft power technologique, sont autant d’outils que Washington utilise pour asseoir son influence et sanctionner ses adversaires. La Russie, la Chine et d’autres pays des BRICS, comme l’Afrique du Sud, tentant d’échapper à cette domination, subissent des menaces et des pressions.
Dans ce contexte, Donald Trump, avec sa posture populiste, joue un rôle à part. Il parvient à faire applaudir son arrogance tout en semant le trouble et l’angoisse parmi les alliés traditionnels des États-Unis.
Mais peut-on vraiment prendre Trump au sérieux ?
Ce jour viendra peut-être lorsqu’il décidera de quitter l’ONU (comme évoqué par certains acteurs politiques américains), d’en expulser les autres nations ou d’abandonner le dollar comme monnaie dominante. Des mesures radicales que même Vladimir Poutine, pourtant connu pour ses coups d’éclat, n’a jamais osé prendre. Au passage, pourquoi Trump ne demande-t-il pas aux instances sportives mondiales (FIFA, CIO, UCI) de réévaluer les sanctions contre la Russie ? Ou bien le “maître du monde” méprise-t-il tout simplement le sport ?
Aujourd’hui, Trump semble incarner une forme d’espoir pour certains, notamment en évoquant un dialogue avec la Russie.
Mais qu’a-t-il réellement accompli en un mois dans la crise ukrainienne, après avoir promis de régler le conflit en 24 heures ?
Ses promesses de paix restent vagues, sans avancée notable. Les sanctions contre Moscou demeurent en place. À retenir : les milliards injectés par les États-Unis dans l’Ukraine proviennent aussi des ventes de gaz et de pétrole à l’Europe, qui remplacent les hydrocarbures russes. Qui peut affirmer que cette guerre ne profite pas aux États-Unis ? Et que Washington a dépensé 350 milliards de dollars totalement à perte ? Quel est le retour sur investissement du soutien sans limite à Israël ?
Trump se présente comme un négociateur hors pair, mais ses promesses de paix en 24 heures relèvent davantage du spectacle que de la réalité. Si Volodymyr Zelensky était vraiment opposé à tout dialogue, se serait-il rendu aux États-Unis ce vendredi 28 février 2024 ?
La paix obtenue par l’intimidation, la force et le chantage est une paix fragile, sans équilibre durable. C’est précisément cette paix que Poutine voulait depuis le début de la crise ! Mais c’est aussi celle que l’Occident lui refuse. Et pourtant, Donald Trump veut lui dérouler le tapis rouge…
En dehors des armes de destruction massive et de l’arme nucléaire – qui, paradoxalement, obligent toujours au dialogue –, tous les pays finissent par être réduits au même niveau dans un bras de fer interminable.
Si la Russie tire réellement un profit économique plus grand que d’autres nations, pourquoi chercherait-elle à mettre fin à cette guerre ? Poutine serait-il soudainement devenu un apôtre de la sagesse, tandis que Trump transforme la diplomatie en une comédie médiatique ? Qui est le véritable comédien dans cette histoire ? Poutine, qui avance ses pions avec méthode ? Zelensky, qui lutte pour maintenir l’attention du monde sur l’Ukraine ? Ou Trump, le “nouveau maître du monde” ?
Si Trump veut réellement la paix, pourquoi ne dit-il pas simplement : “Ukraine, nous n’avons plus d’argent, nous ne vous aidons plus” ? Plutôt que d’imposer une paix par le chantage, la menace et l’intimidation, avec toute l’arrogance qu’on lui connaît ? Qu’il cesse l’aide, lève les sanctions et laisse l’Ukraine en paix ! La guerre prendra fin naturellement et l’Europe n’aura plus aucun scrupule à acheter le gaz et le pétrole russes directement, au lieu de passer par des intermédiaires à des prix exorbitants.
Face à cette comédie impériale, on en viendrait presque à ressusciter Sékou Touré et Thomas Sankara, et à reprendre cette célèbre phrase : « Nous préférons la pauvreté dans la dignité à l’opulence dans l’humiliation. »
Heureusement, Trump reste Trump, un personnage unique, incapable de se reproduire. Peu importe le vainqueur des prochaines élections américaines (entre Démocrates et Républicains), dans quatre ans, ce sera “Exit Trump”.
D’ici là, il ne nous reste qu’à patienter, en espérant que la sagesse finira par l’emporter… Inch’Allah !
Wakili Alafé