Un entrepôt de zinc au quai 14 (quai minéralier) du Port autonome d’Abidjan s’est écroulé le vendredi 7 juillet 2017, entraînant un ralentissement du trafic notamment dans le déchargement des bateaux transportant la matière première nécessaire à la production de plusieurs biens et services.
Lorsque nous arrivons sur les lieux, le mardi 18 juillet 2017, ce sont plusieurs employés qui sont mobilisés pour enlever l’énorme grabat formé par les ruines de l’entrepôt de zinc qui s’est écroulé deux semaines plus tôt. À l’intérieur, nous apercevons une espèce de sable noir qu’un des ouvriers présente comme étant du zinc en provenance des pays au nord de la Côte d’Ivoire.
Que s’est-il passé ?
L’entrepôt de zinc a cédé, aux dires des employés sous le poids de l’âge. Diarra, le chef de chantier amusé, laisse entendre : « c’est un magasin qui date de Mathusalem ». Selon Doumbia le propriétaire des lieux, : « les experts sont à pied d’œuvre pour déterminer la cause réel de cet accident. Mais tout est mis en œuvre pour que le périmètre soit dégagé et praticable. »
Pendant près d’une semaine, selon les travailleurs les bateaux qui arrivaient à ce quai ne pouvaient être déchargés de leurs cargaisons. Or, l’endroit est aménagé pour n’accueillir que deux bateaux à la fois. Les bateaux s’y sont agglutinés et même sont restés en mer, le temps que les fers tombés soient enlevés. « Maintenant, ça va » rassure Diarra, qui ajoute que deux bateaux ayant accosté sont en train de décharger.
En attendant quelles en sont les conséquences et qui les assume ?
Quand nous posons la question des conséquences à Doumbia, il nous prie de nous adresser à la capitainerie du port. Une fois là-bas, nous n’avons pas l’impression d’être les bienvenus. Nous nous tournons alors vers les opérateurs du secteur dont l’un, qui a requis l’anonymat, explique : « Cet accident a fait que plusieurs navires qui arrivaient, ne pouvant pas décharger leur cargaison, passaient plus de temps que prévu en rade, en attente. Ce qui entraîne des surestaries. Dans le domaine portuaire, ce sont les taxes qu’on paie en plus lorsqu’on accoste plus longtemps à un port. C’est une sorte de garantie de maintien de location des navires. C’est cela qui peut jouer sur les prix finaux des produits ou même sur la qualité des produits ».
Le prix du ciment va-t-il augmenter ?
Personne du côté de Sea Invest qui décharge les navires au quai 14, ni du côté des importateurs et des fabricants ne nous confirme si oui ou non les prix des denrées connaîtront une augmentation, du fait de cette situation. Cependant, nous apprenons que c’est la somme de près 4 000 000 de dollar Us, soit 2 milliards de FCfa que les importateurs ont perdu dans ce laps de temps. Une somme qui pourrait être rattrapée sur le consommateur final.
Chris Monsékéla