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Yamoussoukro : Des réflexions sur les migrations en Afrique subsaharienne

Par Harry Diallo26 mars 2026

La Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix abrite, du 25 au 28 mars 2026, un colloque international consacré aux migrations en Afrique subsaharienne. Cette rencontre scientifique, organisée conjointement par le Groupe de Recherche sur les Mobilités (GRMo) et le Laboratoire Population, Genre et Développement (LAPODED), réunit près d’une centaine de chercheurs, experts, doctorants et partenaires techniques venus de 19 pays africains et de trois pays européens autour du thème : « Les migrations en Afrique subsaharienne d’hier à aujourd’hui : bilan et perspectives ».

À l’ouverture des travaux, le président du comité d’organisation, Mafou Kouassi Combo, Enseignant- chercheur à l’université Jean Lorougnon Guedé de Daloa, a rappelé que les migrations demeurent un phénomène structurant de l’histoire des sociétés africaines. Selon lui, les mobilités humaines ont, depuis des siècles, façonné les territoires, soutenu les économies locales et favorisé la construction de sociétés multiculturelles fondées sur l’hospitalité, la solidarité et l’intégration.

Il a souligné que la Côte d’Ivoire constitue un exemple emblématique de cette dynamique migratoire en Afrique de l’Ouest. Depuis la période coloniale jusqu’aux décennies postindépendance, « le pays s’est affirmé comme un pôle d’attraction majeur, notamment grâce au développement des cultures de rente telles que le café et le cacao. »

Cependant, a-t-il indiqué, les migrations contemporaines connaissent de profondes mutations sous l’effet des changements climatiques, de la pression démographique, de la saturation foncière, des crises politiques et des nouvelles restrictions migratoires internationales. « La recherche scientifique doit aujourd’hui produire des données rigoureuses capables d’éclairer les politiques publiques », a-t-il insisté.

Prenant la parole au nom de la Fondation Friedrich Ebert, Séraphin Konan Kouamé a estimé que les migrations ne doivent plus être abordées uniquement sous un prisme sécuritaire. Elles révèlent, selon lui, des transformations profondes des sociétés africaines et interrogent les capacités des États à construire des politiques inclusives, respectueuses des droits humains et favorables au développement durable.

Représentant le ministre du Plan et du Développement, Koko Angelo, a rappelé que selon les données nationales, la population étrangère résidant en Côte d’Ivoire atteint aujourd’hui 6,5 millions de personnes, soit 22 % de la population totale.

Il a mis en avant les efforts engagés par l’État ivoirien pour faire de la migration un facteur de développement durable, à travers des réformes institutionnelles, l’amélioration de la gouvernance migratoire et la mise en œuvre d’engagements internationaux.

Durant quatre jours, les participants plancheront sur plusieurs thématiques : migrations internes, diasporas africaines, changement climatique, santé, développement territorial et gouvernance migratoire. Les organisateurs espèrent que les recommandations issues de ces travaux permettront de transformer durablement les défis migratoires en opportunités de cohésion sociale et d’intégration régionale.

Harry Diallo, depuis Yamoussoukro

Légende : Les participants planchent sur les pistes de solutions pour faire des migrations des opportunités de développement.

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